L'IA dans le secteur du bâtiment : pratiques actuelles, avancées concrètes et perspectives à venir

Contrôles avec Fieldwire - ouvrier du bâtiment avec une tablette iPad sur le site d'un chantier

L'intelligence artificielle suscite actuellement un fort intérêt dans le secteur du bâtiment. Cependant, les sujets qui retiennent l'attention des médias (robots humanoïdes, chantiers entièrement autonomes, etc.) semblent encore très éloignés de la façon dont les projets sont exécutés dans la pratique.

Les faits les plus intéressants ne font pas autant les gros titres.

En effet, des projets concrets mettent déjà en œuvre l'IA pour réduire les tâches administratives, améliorer la visibilité et détecter des problèmes à un stade plus précoce. Pas partout, ni parfaitement, mais suffisamment pour que ses résultats commencent à intéresser davantage.

Les équipes qui constatent la valeur de l'IA ne cherchent pas à tirer de plans sur la comète. Elles appliquent l'IA dans certaines parties de leur flux de travail, là où elle les aide à être plus rapides ou à commettre moins d'erreurs.

Points à retenir

  • L'IA se révèle déjà utile dans la capture du réel, les flux de documents et l'automatisation ciblée

  • Son principal impact concerne la réduction des tâches administratives et l'amélioration de la coordination

  • Les chantiers entièrement autonomes et les robots humanoïdes sont encore loin d'être utilisables dans la pratique

  • L'IA offre de meilleurs résultats quand les données des projets sont structurées et connectées

  • Les équipes de terrain sont sensibles aux outils qui leur permettent de gagner du temps, de réduire l'incertitude et de s'adapter aux flux de travail existants

  • La prochaine phase de déploiement de l'IA privilégiera la coordination et non le remplacement

  • Son véritable retour sur investissement : moins de paperasserie, des décisions plus rapides et moins d'erreurs sur le terrain

Les applications concrètes et efficaces de l'IA dans le bâtiment aujourd'hui

Les applications les plus utiles ne sont pas celles qui attirent le plus l'attention. Voici trois exemples de cas d'utilisation de l'IA dans le secteur du bâtiment.

Capture de la réalité et analyse automatisée de l'avancement des projets

La capture de la réalité constitue l'un des exemples par excellence. Grâce à des caméras à 360°, des drones et la technologie LiDAR, les équipes peuvent documenter les conditions des sites de manière continue. L'IA aide à interpréter ces données en suivant l'avancement des projets, en signalant les écarts et en créant des enregistrements des faits qui s'y produisent. Elle réduit ainsi les délais entre le moment où l'on constate que quelque chose ne va pas et celui où l'on s'en occupe ; autant de situations à l'origine de pertes de temps considérables pour de nombreux projets.

Copilotes de documents et de flux de travail

Du côté des bureaux, les flux de travail qui requièrent un grand nombre de documents évoluent rapidement. Les FQR, les visas, les rapports quotidiens, les comptes-rendus de réunion, etc. ont toujours mobilisé énormément de temps. Les outils d'IA peuvent désormais rédiger, résumer et rechercher des documents de projet de manière suffisamment efficace pour réduire considérablement cette charge de travail. Ils ne se substituent pas à la réflexion, mais ils contribuent à éliminer une grande partie des tâches répétitives.

Automatisation physique limitée

Des progrès ont également été réalisés sur le plan physique, mais d'une manière plus limitée que ce que beaucoup pensent. La robotique fait son apparition dans le cadre de tâches structurées reproductibles : tracés, certains types de capture, certains flux de travail de forage ou de contrôle. Il ne s'agit pas d'une automatisation généralisée des chantiers. Elle apporte de petites améliorations ciblées quand les conditions sont suffisamment stables et que le niveau d'utilisation est assez important pour que la démarche soit rentable.

Fieldwire : IA sur le terrain

Les applications théoriques de l'IA dans le bâtiment

Certaines idées font couler beaucoup d'encre, mais restent difficiles à mettre en œuvre dans le cadre de projets concrets.

Ce n'est pas que leur concrétisation relève de l'impossible en soi. La difficulté réside dans le fait que les chantiers de construction sont des environnements désordonnés, en évolution rapide, avec des contraintes de sécurité, de coordination et de responsabilité très spécifiques. L'écart entre le concept et la réalité représente donc un véritable défi.

Chantiers entièrement autonomes

L'idée de chantiers entièrement autonomes refait souvent surface, mais elle ne correspond pas à la façon dont les projets sont exécutés dans la pratique.

La nature des chantiers varie constamment. Les corps de métier sont interdépendants. Les décisions ont des implications réelles en termes de sécurité et de contrats. Et la plupart du temps, même les données élémentaires ne sont pas suffisamment complètes ou connectées pour permettre une automatisation totale.

Il faudrait un niveau de détection, de coordination et de fiabilité qui n'existe pas encore. Pour le moment, la supervision humaine ne constitue pas un obstacle, mais bien une nécessité.

Copilotes génériques d'IA sans intégration

Bon nombre d'outils paraissent spectaculaires à première vue, mais ne tiennent pas la route dans leur utilisation quotidienne.

Si vos plans, plannings, FQR, visas et données financières ne sont pas connectés, le copilote d'IA se bornera à faire des suppositions. Ses réponses peuvent sembler correctes, mais elles ne sont pas suffisamment fiables pour être exploitées.

Dans la pratique, le contexte importe plus que les modèles. Sans données structurées connectées, ces outils ne s'intègrent pas dans les flux de travail et en restent à la marge.

Robotique humanoïde à usage général

Les robots humanoïdes captent tous les regards, parce qu'ils sont faciles à imaginer. Or, ils sont loin d'être opérationnels sur le terrain.

Il subsiste encore des défis fondamentaux en matière de sécurité, de fiabilité dans des environnements imprévisibles et de coûts. Même si la technologie progresse rapidement, leur intégration dans des flux de travail métier réels constitue un autre obstacle.

À court terme, il est plus probable que la technologie continue de progresser vers des machines spécialisées capables d'accomplir des tâches spécifiques, plutôt que vers un système unique qui tenterait de tout faire.

Le véritable problème de productivité dans le bâtiment que résout l'IA

Le secteur de la construction ne souffre pas d'un manque de productivité de la part des équipes, mais de difficultés liées à leur coordination.

Chaque projet est unique. Les équipes varient. Les conditions changent. Les plans évoluent alors que les travaux ont déjà commencé. Et de multiples corps de métier interviennent en parallèle en permanence, en travaillant bien souvent sur la base d'informations partielles.

C'est à ce niveau que l'IA commence à prouver toute son utilité : non pas en remplaçant les équipes, mais en réduisant les coûts de leur coordination. Elle fait émerger les problèmes à un stade plus précoce, rend les informations accessibles et facilite la synchronisation en fonction de l'évolution des événements.

Au lieu d'attendre qu'une personne s'aperçoive d'un problème, la vision par ordinateur peut signaler des écarts de progression à partir de photos des chantiers. Plutôt que de devoir fouiller dans des dossiers, les équipes peuvent rechercher des plans, des FQR et des visas instantanément pour en obtenir des réponses exploitables. Et au lieu de compiler manuellement des rapports, les documents sont générés automatiquement en fonction du déroulement des opérations sur le terrain.

Aucune de ces fonctionnalités ne remplace la nécessité d'une coordination. En revanche, elles réduisent les interventions manuelles indispensables pour garantir l'alignement de toutes les parties et raccourcissent les délais entre le moment où un changement se produit et celui où une réponse y est apportée.

Si vous interrogez des équipes sur le terrain sur ce qui leur est réellement utile aujourd'hui, elles vous répondront sensiblement toujours la même chose : un accès plus rapide aux informations, une meilleure visibilité sur l'avancement des opérations, une réduction du temps consacré à la création de rapports et une diminution du nombre de mauvaises surprises.

Héros de l'IA

Les outils les plus appréciés aujourd'hui par les équipes de terrain

Si vous échangez avec des chefs d'équipe, des contremaîtres ou des chefs de projet, leurs avis sont plutôt unanimes. Les outils qu'ils apprécient ne sont pas systématiquement les plus sophistiqués, mais ceux qui leur permettent de gagner du temps ou de réduire l'incertitude durant leur journée de travail. Voici quelques-unes des fonctionnalités d'IA les plus souvent plébiscitées sur le terrain :

  • Recherche instantanée parmi les plans, les FQR, les visas et les clauses techniques

  • Détection des écarts d'avancement à partir de photos

  • Création automatisée de rapports et de documents

  • Tracés robotisés

  • Surveillance de la sécurité intégrée dans les flux de travail quotidiens

Aucun de ces outils ne révolutionne fondamentalement la façon dont les chantiers sont exécutés. Toutefois, ils permettent de supprimer des sources de friction mineures récurrentes (recherche d'informations, double vérification du travail, documentation de l'avancement des opérations) qui s'accumulent au cours d'un projet et conduisent souvent à des retards ou des reprises.

La prochaine phase de déploiement de l'IA dans le secteur du bâtiment

À l'heure actuelle, la plupart des outils font office d'assistants et facilitent la rédaction, la recherche et l'analyse générale.

Au fil du temps, ils vont assumer davantage de fonctions de coordination : acheminer des informations, mettre en évidence des risques, suggérer des ajustements de plans ou de séquences. Ils ne prendront pas pour autant de décisions de manière autonome, mais aideront les équipes à gérer la complexité avec plus de clarté et moyennant moins d'efforts.

Ce changement majeur importante viendra modifier le rôle des équipes de projet. qui consacreront moins de temps à la recherche d'informations et davantage à prendre des décisions et à gérer l'exécution des projets.

Le plus grand gain de l'IA aujourd'hui : moins d'heures de paperasse, plus de temps pour construire

Force est de constater que la tendance est à la recherche du grand tournant technologique, avec une innovation majeure unique qui viendra tout révolutionner. Toutefois, l'impact de l'IA dans le bâtiment se manifeste par des améliorations concrètes plus modestes. La documentation, l'accès aux informations et la coordination gagnent en simplicité et en rapidité, ce qui laisse plus de temps aux équipes pour se concentrer sur leur travail à proprement parler.

À ce stade, il apparaît clairement que les outils qui s'imposent sont ceux qui réduisent les frictions sans rajouter de complexité.

Moins de tâches administratives. Plus de disponibilité pour la construction. Des résultats plus prévisibles. C'est dans ce domaine que l'IA fait la différence aujourd'hui, et c'est probablement à ce niveau qu'elle continuera à se distinguer le plus.

Découvrez des informations concrètes sur la façon dont les équipes de construction utilisent l'IA. Téléchargez notre rapport sur le rôle de l'IA dans le secteur du bâtiment.

Foire aux questions sur l'IA dans la construction

Antonia Soler

Antonia Soler est une experte en technologies du bâtiment spécialisée dans l'innovation en matière d'environnement bâti. Vice-présidente du marketing chez Fieldwire et responsable de Hilti Venture, elle pilote les investissements de Hilti dans le secteur des technologies de la construction et dirige la stratégie de mise sur le marché de Fieldwire. Figure reconnue du secteur et conférencière régulièrement invitée dans de grandes universités, Antonia fait partie des 50 personnalités distinguées par des Maverick Awards dans le domaine des technologies du bâtiment. Elle apporte une vision internationale forgée par des postes de direction occupés en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis.

Subham Kedia

Subham Kedia est un investisseur et un acteur de la deeptech spécialisé dans le croisement des technologies du bâtiment, de l'IA et d'autres technologies d'avant-garde. Il intervient en tant qu'investisseur chez Hilti Venture, la société de capital-risque du groupe Hilti. En parallèle, il pilote les partenariats stratégiques et les intégrations pour Fieldwire. À ce titre, il travaille en étroite collaboration avec des startup en phase de démarrage pour construire et mettre à l'échelle des intégrations qui améliorent la productivité des chantiers et l'adoption de l'IA dans l'ensemble de l'écosystème du bâtiment.

Essayez Fieldwire

Logiciel de gestion de chantier

Plus de 4 millions de projets dans le monde

Fieldwire aide les entreprises de construction à mieux suivre leurs chantiers.

CEMEEquansCougnaudSogetrelSemeru FayatAluvalEngieRosaceNGESpeller MetcalfeGrahamEllisDonClark Construction